Skip to content

La troisième réunion du comité international d’organisation de la conférence internationale antifasciste et anti impérialiste a rassemblé des militant·e·s de plusieurs continents, consolidé des soutiens politiques et syndicaux et débattu des défis organisationnels de la conférence de mars 2026.

La troisième réunion du Comité international de la Conférence internationale antifasciste et pour la souveraineté des peuples, tenue mercredi dernier (28/01/2026), a confirmé la conférence de Porto Alegre comme l’un des pôles majeurs de l’articulation internationale antifasciste et anti-impérialiste dans la période historique actuelle. La rencontre virtuelle, qui a réuni près de 60 militant·e·s d’Amérique latine, d’Amérique du Nord, d’Europe, d’Asie et d’Afrique, s’est déroulée dans un contexte marqué par l’aggravation de l’offensive impérialiste, l’escalade mondiale de l’extrême droite et des violations flagrantes du droit international — comme l’enlèvement du président du Venezuela, Nicolás Maduro, et son épouse le 3 janvier 2026 par l’armée des Etats-Unis. Face à ce scénario, les participant·e·s ont réaffirmé l’urgence de construire des réponses unitaires, organisées et internationalistes, capables d’articuler les luttes antifascistes, anti-impérialistes, antiracistes et en défense de la souveraineté des peuples.

La réunion a été ouverte par la présidente du PSOL du Rio Grande do Sul et membre du Comité local, Gabrielle Tolotti, qui a souligné le double objectif de la rencontre : combiner le débat politique et les orientations organisationnelles. Ensuite, le conseiller municipal de Porto Alegre et dirigeant du PSOL, Roberto Robaina, a mis en avant la croissance politique de la conférence depuis la dernière réunion internationale.

« Depuis la dernière réunion jusqu’à aujourd’hui, notre conférence a gagné en force, en consistance et en représentativité, tant au niveau international que national », a-t-il affirmé, soulignant les difficultés — et l’importance stratégique — de construire une initiative unitaire face à la fragmentation historique de la gauche.

Robaina a replacé le moment international comme décisif pour la tenue de la conférence.

« La nécessité d’une articulation antifasciste n’a jamais été aussi actuelle, après une situation aussi inacceptable que celle-ci, où il y a eu l’enlèvement d’un président », a-t-il déclaré, en référence au Venezuela.

Il a également souligné l’impact de l’appel international articulé par le CADTM et par Eric Toussaint, qui a réuni des centaines de personnalités politiques, intellectuelles et militantes.

Eric Toussaint (CADTM) s’est félicité du succès de l’appel international, tout en précisant qu’il n’existe aucune obligation de le signer pour que des personnes et des organisations puissent soutenir et participer à la conférence à Porto Alegre, du 26 au 29 mars 2026.

« Il s’agissait d’un manifeste de soutien à la conférence et d’affirmation de principes fondamentaux qui nous ont guidés », a-t-il évalué, rappelant que le document est même parvenu jusqu’à la presse bourgeoise, comme la Folha de S. Paulo.

Prenant la parole, Eric Toussaint a détaillé la large répercussion internationale de l’appel.

« Nous avons réussi à atteindre une audience importante au niveau international. C’était l’objectif de cet appel », a-t-il expliqué.
« Il y a eu une excellente diffusion en espagnol, car le site du quotidien espagnol  Público.es  a publié une note à ce sujet, de même que le quotidien mexicain La Jornada, le principal — voire l’unique — grand journal de gauche au Mexique, qui a diffusé l’appel. En portugais, comme l’a mentionné Robaina, la Folha de S. Paulo, un grand journal bourgeois, a publié une note ; et le portail français Blast, avec 1,6 million d’abonnés, a publié le texte en une, tout comme un blog sur le site de  Mediapart, un autre média alternatif important en France. En anglais, je dirais que c’est impressionnant, en particulier en Asie, où le journal The Hindu, qui imprime plus d’un million d’exemplaires par jour et dispose d’un portail très influent, a publié une note ensuite reprise par plusieurs journaux imprimés du Parti communiste de l’Inde dans des langues nationales. En Inde, il y a plus de 90 ou 100 langues, et le Parti communiste de l’Inde publie des journaux dans plusieurs d’entre elles. Le portail North East Now, principal média d’information du nord-est de l’Inde, l’a également publié. Le manifeste a aussi été publié en arabe sur le site du CADTM, et un site anarchiste des Pays-Bas l’a traduit en néerlandais. Nous espérons que, grâce à votre participation, il y aura des traductions en italien et dans d’autres langues dans les prochaines semaines ou les prochains jours. »

Selon Toussaint, le manifeste comptait déjà près de 900 nouvelles signatures, incluant des organisations comme les Democratic Socialists of America (DSA), des parlementaires de France, d’Espagne et de Turquie, ainsi que des militant·e·s d’Inde, du monde arabe et d’Afrique subsaharienne. Il est encore possible de signer ici.

Le dirigeant du CADTM a également apporté à la réunion une préoccupation concrète, évoquée dans plusieurs interventions : les difficultés d’obtention de visas, en particulier pour les délégations d’Afrique subsaharienne.

« Au délégué du CADTM au Mali, l’ambassade du Brésil a exigé 20 documents différents. Le Mali est un pays en guerre, et il a dû risquer sa vie pour en obtenir un », a-t-il dénoncé.

Pour Toussaint, l’octroi de visas de courtoisie devrait être traité comme une priorité diplomatique, comme cela a été le cas lors des éditions du Forum social mondial.

La question a été reprise par Rodrigo Dilélio, président du PT à Porto Alegre, qui a affirmé être en contact avec l’Itamaraty (le ministère des affaire étrangères) afin de chercher des solutions.

« Concernant les visas pour le Brésil, les informations que nous avons, à partir d’un contact avec le cabinet du ministre des Affaires étrangères, indiquent que la procédure pour accélérer le processus doit être initiée par la voie régulière, habituelle, et qu’à partir du protocole ils peuvent effectuer des démarches à Brasilia pour garantir la présence de ces camarades », a-t-il expliqué, reconnaissant l’existence d’obstacles bureaucratiques non prévus initialement.

Dilélio a également situé la conférence dans le contexte national brésilien, marqué par l’augmentation des féminicides et par la réorganisation publique de dirigeants de l’extrême droite.

« Les manifestations publiques de certaines figures émergentes du camp fasciste nous ont inquiétés. Il y a eu une marche près de Brasilia, la semaine dernière, avec environ 20 000 personnes autour d’une jeune dirigeante d’extrême droite, ouvertement fasciste. Et je dis cela pour souligner que la tenue de cette conférence au Brésil, à Porto Alegre, jouera un rôle très important pour accroître notre capacité de compréhension politique dans cette période », a-t-il estimé.

Gabrielle Tolotti est intervenue de nouveau pour détailler les orientations pratiques. Elle a annoncé la création d’un tableau spécifique afin de cartographier, pays par pays, les problèmes liés aux visas.

« Je suis certaine que, grâce à cet échange d’informations, nous allons pouvoir résoudre cela », a-t-elle affirmé.
« Et toute personne ayant besoin d’orientation ou d’aide peut écrire à contacto@antifas2026.org. En réalité, pour toute question concernant la conférence, nous sommes toujours attentifs à ce courriel afin de résoudre toute situation. »

Ensuite, Gabrielle Tolotti a présenté les mises à jour de la programmation sur le site de l’événement https://antifas2026.org/fr/ , qui inclut désormais les horaires des activités, comme le Forum des autorités antifascistes et une grande marche le jour de l’ouverture, ainsi que des dizaines de tables rondes et d’activités autogérées. Gabrielle a également présenté les différentes sections du site — disponible en portugais, espagnol, français et anglais — et a renforcé l’importance de la nécessité de réaliser la pré-inscription sur le site https://antifas2026.org/fr/ .

Par la suite, Eduardo Mancuso est revenu sur le rapport concernant le Forum des autorités démocratiques antifascistes, qui se tiendra le 26 mars dans l’après-midi, en détaillant des ajustements de la programmation en fonction de la conjoncture internationale. Selon lui, le panel d’ouverture, avec des parlementaires de gauche de l’Assemblée législative, a été maintenue, mais des modifications ont été apportées à la table dédiée aux parlementaires internationaux après que le Parlement européen a fixé une séance plénière à la même date.

Eduardo Mancuso, responsable de la préparation du forum des parlementaires et autorités locales, a confirmé la participation d’Ana Miranda, eurodéputée espagnole ; du député français (LFI) Thomas Portes ; de la parlementaire britannique Zarah Sultana ; et du sénateur brésilien Humberto Costa (PT).

Mancuso a souligné que la deuxième table, consacrée à la radicalisation de la démocratie dans les gouvernements populaires, est pleinement confirmée, avec la participation d’un maire du Rio Grande do Sul, du ministre du Travail du Frente Amplio d’Uruguay, du maire de Recoleta (Chili), ainsi que de figures telles que Matteo Lepore, maire de Bologne, et Abel Prieto, ancien ministre de la Culture de Cuba et député de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire.

Interventions des participant-es

Les interventions des participant·e·s internationaux ont renforcé le caractère pluriel et collectif de la construction. Depuis l’État espagnol, Albert Sansano, de l’Intersindical Valenciana, a suggéré d’accorder une plus grande visibilité aux organisations du Comité international dans la programmation officielle. Depuis le Portugal, Mariana Mortágua, du Bloco de Esquerda, a attiré l’attention sur la coïncidence des dates avec d’autres événements internationaux et a interrogé les moyens d’élargir l’impact politique de la conférence dans les pays européens.

« Pour une raison ou une autre, aux mêmes dates, nous aurons la Conférence antifasciste à Rio Grande, une rencontre du Réseau Futur en Uruguay et aussi le lancement de la nouvelle flottille pour la Palestine, qui réunira de nombreuses figures politiques et aura une grande ampleur. Tout cela se produira exactement aux mêmes dates, et je pense que cela pose des questions sur la disponibilité de nombreuses personnes pour pouvoir participer. Je me demande ce qui a été envisagé concernant les mobilisations locales autour de cette conférence. Autrement dit, au Portugal, il ne sera pas très facile de constituer un groupe capable de participer et de se rendre au Brésil, car les voyages sont coûteux. Comment les mouvements pourront-ils accompagner la conférence ? », a-t-elle questionné.

L’Argentine Felisa Miceli — coordinatrice de la Corriente Nacional y Popular 25 de Mayo et ancienne ministre de l’Économie du gouvernement de Néstor Kirchner — a soulevé des questions pratiques parmi ses interrogations concernant l’événement :

« J’ai deux questions. La première : existe-t-il en Argentine un comité promoteur de la rencontre ? Car je comprends que, du fait de la proximité et de la situation politique que nous vivons — avec un représentant de la droite au gouvernement qui est en train de tout détruire —, il devrait y avoir beaucoup de personnes participantes. Et, d’autre part, il s’agit d’une question visant à articuler avec d’autres qui seraient en capacité de promouvoir la rencontre et la conférence.
La deuxième question est pratique, organisationnelle : des recommandations d’hébergement sont-elles prévues en fonction du lieu où se déroulera la conférence ? Si c’est à proximité, nous pourrons nous déplacer plus facilement. »

Des représentant·e·s de mouvements sociaux et syndicaux ont également apporté des contributions centrales.

Andressa, du Comité national palestinien du BDS, a souligné le caractère central de la solidarité avec la Palestine.

« Pour nous, au sein du BDS, cette intersection des luttes et la résistance antifasciste face à ce qui se passe en Palestine — comme un laboratoire de ce qui se produit également dans le reste du monde — sont fondamentales. Nous nous mettons à disposition pour construire les événements et aussi, enfin, les tables rondes et tout ce qui concerne la solidarité avec la Palestine », a-t-elle déclaré.

Quintino Severo, de la CUT, a exprimé des préoccupations politiques concernant l’élaboration de la déclaration finale de la conférence, en défendant un processus respectueux de la diversité du mouvement syndical international.

« Peut-être devons-nous réfléchir à la manière dont la conférence se conclura. Comment la  déclaration finale de la conférence sera-t-elle construite ? Je voulais soulever cette préoccupation politique, car cela a suscité des débats internes dans le mouvement syndical, non seulement au Brésil, mais surtout au sein du mouvement syndical international. C’est pourquoi je souhaite consigner notre position : nous voulons approfondir ce processus de débat. Mais, bien entendu, nous participerons à la construction et à la tenue de la conférence, d’autant plus qu’il existe une table ronde très axée sur le monde du travail, que nous voulons voir se réaliser et être très représentative du point de vue du débat », a-t-il affirmé.

La situation argentine a également traversé les débats, apportant à la rencontre le poids de la conjoncture concrète du Cône Sud. Jorgelina Matusevicius, de l’organisation Vientos del Pueblo, a indiqué que différentes entités sont en train de s’articuler dans le pays afin de construire une participation collective à la conférence, dans un contexte de forte offensive contre les droits du travail.

« Nous vivons un mois de janvier très agité en Argentine, aux portes d’une réforme du travail totalement régressive, qui constitue une attaque directe contre le peuple travailleur », a-t-elle affirmé.

Selon ses explications, les mobilisations prévues pour février sont en écho directement avec la Conférence antifasciste de Porto Alegre.

« Nous essayons de créer un état de mobilisation et, en même temps, de nous préparer au déplacement, d’organiser les délégations et même de proposer une activité autogérée sur la situation argentine », a-t-elle indiqué, en soulignant la conférence comme un espace d’articulation internationale des résistances.

La participation du mouvement syndical de l’éducation a également été renforcée par l’intervention de Carolina Lima, de l’ANDES-SN, qui a annoncé l’adhésion formelle de l’organisation à la conférence.

« Depuis l’ANDES – Syndicat national, nous allons signer le texte qui a été envoyé et nous allons dès à présent commencer à mobiliser notre catégorie pour participer à la délégation de la Conférence antifasciste », a-t-elle déclaré.

Carolina a également attiré l’attention sur l’urgence d’intégrer au débat international la lutte contre les violences de genre et la LGBTphobie.

« Le Brésil est redevenu le pays qui assassine le plus de personnes trans et travesties dans le monde, et le féminicide est en train de devenir un phénomène épidémique », a-t-elle alerté, en défendant la création d’espaces spécifiques au sein de la conférence pour débattre de la vulnérabilité de la population LGBT et des violences faites aux femmes, tant au Brésil qu’à l’échelle internationale.

La dirigeante du PCdoB et secrétaire aux Relations extérieures du parti, Ana Prestes, a souligné l’engagement de l’organisation dans la construction de la conférence et a relié la rencontre de Porto Alegre à l’aggravation de la conjoncture internationale.

« L’offensive impérialiste dans notre région s’est intensifiée ces derniers jours, en particulier après l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de la députée Cilia Flores, ce qui a encore renforcé l’importance de la conférence », a-t-elle affirmé. Selon Ana, le scénario d’escalade autoritaire tend à accroître l’intérêt et la participation à l’événement.
« La conférence a été directement impactée par cette nouvelle réalité de la conjoncture internationale, ce qui augmente à la fois la demande et les défis organisationnels. C’est pourquoi notre engagement est d’aider à trouver des solutions et de garantir une conférence forte, représentative et à la hauteur du moment politique », a-t-elle conclu.

La secrétaire aux Relations internationales des Democratic Socialists of America (DSA), Jana Silverman, a affirmé la volonté de construire une délégation nombreuse des États-Unis afin de participer en présentiel à la conférence, tout en soulignant la gravité de la politique migratoire états-unienne comme expression du racisme structurel et de la violence d’État. Elle a rappelé que, alors que deux citoyens états-uniens aient récemment été tués par l’ICE, plus d’une dizaine de personnes migrantes ont perdu la vie au cours de l’année écoulée lors d’actions de cet organisme.

« Cela place au centre du débat des questions telles que le racisme, la xénophobie et la question de savoir quelles vies sont considérées comme jetables », a-t-elle affirmé, en défendant l’idée que ces thématiques traversent l’ensemble de la programmation de la conférence.

Jana a également soulevé des préoccupations pratiques concernant l’exigence de visa pour l’entrée des citoyens états-uniens au Brésil, la nécessité de points de contact en cas d’obstacles bureaucratiques éventuels, ainsi que des questions logistiques telles que l’hébergement et l’interprétation simultanée vers l’anglais. Elle a par ailleurs proposé d’articuler la participation de représentant·e·s élu·e·s liés au DSA, renforçant l’intérêt de contribuer tant politiquement qu’organisationnellement au succès de la rencontre.

Marcia Campos, dirigeante du PCdoB et membre du Secrétariat national des femmes du parti, a souligné la dimension historique et profondément symbolique de la Conférence internationale antifasciste pour la lutte des femmes à l’échelle mondiale. Forte d’un parcours de près de deux décennies à la tête de la Fédération démocratique internationale des femmes, Marcia a affirmé que le débat en cours touche « le fond du cœur des femmes », en particulier face au massacre de mères et d’enfants à Gaza, qui a ravivé la mobilisation féministe contre l’impérialisme et le fascisme. Elle a également lié la tenue de la conférence au Brésil au contexte géopolitique actuel, en critiquant la posture des États-Unis dans la région.

« Nous vivons un moment où l’Amérique latine est de nouveau traitée comme une arrière-cour, comme si, au XXIᵉ siècle, un pays ou un continent pouvait appartenir à quelqu’un », a-t-elle déclaré, en soulignant que la tenue de la rencontre sur ce territoire possède un fort pouvoir de polarisation politique et de mobilisation internationale.

La conseillère municipale Luana Alves (PSOL – São Paulo) a souligné que la conjoncture internationale récente a conféré un nouveau poids politique à la Conférence internationale antifasciste, en élargissant la portée du débat public sur l’impérialisme, l’antifascisme et l’antiracisme. Selon elle, depuis le début du mois de janvier, et en particulier après l’enlèvement du président du Venezuela, la lutte anti-impérialiste a acquis une dimension inédite en Amérique latine, cessant d’être un thème réservé à la seule militance organisée.

« J’ai rarement vu le débat sur la lutte contre l’impérialisme et l’antifascisme atteindre un tel niveau de massification », a-t-elle affirmé, estimant que la conférence dispose d’une opportunité concrète pour disputer la conscience publique et renforcer les forces de la gauche internationale.

Pour Luana, ce processus révèle également le caractère racial de l’avancée de l’extrême droite, qui a de plus en plus ouvertement recours au suprémacisme blanc comme stratégie de mobilisation politique. À ce titre, elle a défendu l’idée que la conférence assume explicitement un axe antiraciste et se consolide comme un espace d’articulation internationale entre mouvements noirs et indigènes.

« Habituellement, dans l’affrontement avec le fascisme, nous sommes poussés à une articulation uniquement locale. Ici, nous avons l’opportunité de construire quelque chose à l’échelle internationale », a-t-elle souligné, en insistant sur l’importance de garantir que ces mouvements se sentent pleinement parties prenantes et constructeurs du processus politique de la conférence.

Depuis l’Uruguay, Daniel Dalmao, du Parti communiste, a officiellement confirmé la participation du parti ainsi que la présence du ministre du Travail, Juan Castillo.

« Il existe un climat très combattif et fort en faveur de la participation d’Uruguayennes et d’Uruguayens », a-t-il affirmé, en référence aux mobilisations anti-impérialistes dans le pays.

Clarification des questions

Répondant aux interrogations soulevées par les participant·e·s, Gabrielle Tolotti a détaillé les lignes directrices organisationnelles et politiques de la Conférence internationale antifasciste, en soulignant le caractère collectif et en construction du processus. Elle a expliqué que la constitution d’une liste internationale d’organisations qui participent au processus est en cours et a précisé que la participation aux réunions n’implique pas automatiquement une adhésion, raison pour laquelle il est fondamental de remplir le formulaire mis à disposition afin d’établir un contact direct avec les organisations.

Gabrielle a également répondu aux préoccupations concernant la coïncidence des dates avec d’autres événements internationaux, en affirmant qu’il s’agit de luttes complémentaires au sein d’un même champ antifasciste, mais que la date de la conférence est immuable en raison de l’implication de nombreuses organisations. En ce qui concerne les mobilisations locales, elle a indiqué que des comités et des activités de pré-conférence sont en cours de promotion dans différents pays et villes, afin d’élargir l’impact politique de la rencontre.

Sur le plan logistique, elle a expliqué que le site antifas2026 rassemble des informations sur l’hébergement en hôtels et que la priorité des logements solidaires — articulés avec des syndicats et des organisations — sera accordée aux délégations rencontrant les plus grandes difficultés financières, en particulier en provenance d’Amérique latine. Gabrielle a également précisé que la conférence garantira une traduction simultanée en quatre langues lors des panels officiels et du Forum des autorités antifascistes, tandis que les activités autogérées bénéficieront du soutien de traducteur·rice·s bénévoles. Enfin, elle a réaffirmé que, malgré les divergences tactiques naturelles, il existe de larges accords politiques entre les organisations impliquées et que l’objectif est de construire collectivement une Charte de Porto Alegre fondée sur ces consensus, exprimant une position internationale antifasciste, anti-impérialiste et pluraliste.

Par la suite, Rodrigo Dilélio a concentré son intervention sur la nécessité d’organiser politiquement la déclaration finale qui devra clore la Conférence internationale antifasciste, en dialoguant directement avec les préoccupations soulevées par Quintino (CUT) et Nicoleta (CGIL) au sujet du manifeste final. Il a proposé l’ouverture immédiate d’une discussion spécifique sur les procédures et les moments de la conférence au cours desquels ce débat pourrait être approfondi, suggérant qu’Eric Toussaint, Juçara Dutra (pour le comité local), Quintino (CUT) et Nicoleta (CGIL) initient une articulation afin d’avancer sur ce sujet et de présenter ultérieurement un rapport politique.

Pour conclure la rencontre, Roberto Robaina a livré une réflexion stratégique sur les limites et l’importance de l’initiative.

« Nous n’avons pas l’illusion que la conférence puisse répondre à un besoin gigantesque, qui est celui de construire un processus unitaire mondial de lutte antifasciste », a-t-il affirmé. Il a néanmoins défendu la rencontre comme un pas concret contre la fragmentation. « C’est totalement insuffisant, mais c’est un pas. Un coup d’envoi », a-t-il conclu, en réaffirmant Porto Alegre comme un espace symbolique et politique pour la reprise de l’articulation internationale de la gauche au XXIᵉ siècle.


Participant·e·s à la troisième réunion du Comité international

Nom — Organisation — Pays

  • Andressa Soares — Comité national palestinien du BDS — Brésil/Palestine
  • Penelope Duggan — International Viewpoint / Quatrième Internationale — France
  • Jana Silverman — Democratic Socialists of America (DSA) — États-Unis/Brésil
  • Rodrigo Campos Dilélio — Parti des Travailleurs, Porto Alegre — Brésil
  • Jorgelina Matusevicius — Vientos del Pueblo – Frente por el Poder Popular — Argentine
  • Eduardo Lucita — EDI — Argentine
  • Eduardo Mancuso — Parti des Travailleurs — Brésil
  • Daniel Dalmao — Parti communiste de l’Uruguay (PCU) — Uruguay
  • Antonio Antunes da Cunha Neto — PSOL — Brésil
  • Juan Tortosa — CADTM et solidaritéS Suisse — Suisse
  • Mariana Mortágua — Bloco de Esquerda — Portugal
  • Senira Beledelli — Associação Cultural José Martí/RS ; Mouvement brésilien de solidarité avec Cuba (MBSC) ; Causas Justas — Brésil
  • Daniele Azambuja de Borba Cunha — Syndicat national des enseignant·e·s des établissements d’enseignement supérieur (ANDES-SN) — Brésil
  • Márcia Campos — Secrétaire nationale adjointe aux Femmes du PCdoB Brésil, membre de la Commission politique nationale et du Comité central du PCdoB, présidente de la Fédération démocratique internationale des femmes (FDIM) de 2002 à 2018 — Brésil
  • Albert Sansano — Intersindical Valenciana — État espagnol
  • Federico Enciso — CTA-Autónoma — Argentine
  • Antoine Larrache — Urgence Palestine — France
  • Ana Prestes — PCdoB — Brésil
  • William Gaviria Ocampo — Fédération nationale des syndicats bancaires de Colombie (FENASIBANCOL) — Colombie
  • Mariana Riscali — Fondation Lauro Campos et Marielle Franco — Brésil
  • Gabriella Lima — CADTM, Ensemble à Gauche — Suisse
  • Darío González P. — Chercheur, INDEPAZ — Colombie
  • Pablo Sanseverino — Parti national Instrument électoral pour l’Unité populaire — Argentine
  • Filipe — PCdoB — Brésil
  • Claudio Anselmo de Souza Mendonça — ANDES-SN — Brésil
  • Marcos de Oliveira Soares — ANDES-SN — Brésil
  • Bruno Magalhães — PSOL — Brésil
  • Pastora Filigrana — Fondation Contexte et Action — Espagne
  • Fernanda Gadea Martínez — ATTAC Espagne — Espagne
  • Tomás Battaglino — Mouvement Libres del Sur — Argentine
  • Felisa Miceli — Corriente Nacional y Popular 25 de Mayo (CNP 25), ancienne ministre de l’Économie — Argentine
  • José Humberto Montes de Oca Luna — Syndicat mexicain des électriciens (SME) — Mexique
  • Caroline de Araújo Lima — ANDES-SN — Brésil
  • Xabier Zabala — ELA Sindikatua — Pays basque
  • Maribel Morales Robles — Comité de solidarité avec Cuba à Porto Rico — Porto Rico
  • Jhon Eduard Castaño — CADTM — Colombie
  • Vanessa Gil — Comité local chilien / PSOL — Chili
  • Sergio García — MST — Argentine
  • Verónica Carrillo — CADTM et PSDPM — Mexique
  • Aziki Omar — ATTAC CADTM Maroc — Maroc
  • Rafael Bernabe — Democracia Socialista — Porto Rico
  • Ángel Vera — Parti pour la Victoire du Peuple — Uruguay
  • Eric Toussaint — CADTM International — Belgique
  • Ismael Idílio — Parti Convergence populaire socialiste – Frente Guasu — Paraguay
  • José Crespo — CADTM Mexique — Mexique
  • Andrés Herrera Sangabriel — CADTM Mexique / INDASS A.C. (Integradora Nacional para el Desarrollo Agropecuario Social y de Servicios A.C.) — États-Unis mexicains
  • Roberto Robaina — PSOL — Brésil
  • Carles Riera — CUP — État espagnol
  • Sushovan Dhar — CADTM Inde — Inde
  • Luana Alves — PSOL — Brésil
  • Gabrielle Tolotti — PSOL — Brésil
  • Sérgio Bellavita — USB Union Lecce (Unione Sindacale di Base) — Italie
  • Juçara Dutra — PT/RS — Brésil
  • Quintino Severo — CUT — Brésil
  • Maria Elena Saludas — ATTAC Argentine, CADTM Ayna — Argentine